Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/417

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Toutes les inquiétudes sur le compte du fils et du fiancé furent oubliées.

On attendit une seconde lettre de la comtesse.

Elle arriva.

Elle était datée de Québec, où la poursuite d’un procès laissé pendant, à la mort de son mari, l’avait obligée à se rendre.

Il y avait quelques mots sur Julian qui, disait la comtesse, chassait en compagnie de son inséparable ami Bernardo dans les Savanes sur les frontières de l’Utah, dans les montagnes rocheuses de l’Oregon.

Le docteur et Denizà prenant ces mots à la lettre ne comprenaient rien à ce grand désir de chasse qui entraînait ainsi le jeune homme dans des régions inconnues, habitées, disait-on, par des sauvages féroces.

Il se fit un nouveau et long silence.

Les deux solitaires de la rue d’Assas étaient de nouveau en proie aux plus poignantes inquiétudes.

On commençait à parler d’une intervention probable de la France au Mexique.

Un matin, le concierge monta une lettre portant le timbre du Canada.

Le brave homme était radieux.

Il savait que les lettres venant de l’étranger comblaient de joie ses locataires de prédilection.

Aussi, quand le facteur en apportait une, il quittait tout pour la monter de suite lui-même.

Il la remit à sa fille Mariette.

Depuis trois ans, la fille du concierge avait terminé son éducation.

Elle peignait fort bien sur porcelaine.

Le docteur, à la prière de Denizà, dont il faisait toutes les volontés, avait retiré la jeune fille chez lui pour en faire une compagne à sa fille adoptive.

Depuis trois ans, Mariette habitait donc l’appartement du docteur.

On lui avait meublé une chambre où elle couchait et