Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/441

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avec émotion, lui seul nous manque ! Notre bonheur serait complet si nous rayons près de nous, témoin de notre félicité.

La jeune femme l’embrassa sur le front, et lui prenant la tête dans ses mains mignonnes, elle la lui releva en lui disant avec tendresse :

— Il est là, regarde, Julian ; il jouit de notre bonheur, dans lequel il a la plus grande part.

— Mon père ! s’écria le jeune homme en bondissant sur ses pieds et se jetant éperdu dans les bras que lui tendait le vieillard.

— Julian ! mon fils ! s’écria le docteur.

Et ce fut tout ; l’émotion lui coupa la parole.

Le père et le fils demeurèrent ainsi longtemps enlacés, pleurant et confondant leurs larmes.

Denizà s’approcha doucement.

Et moi, dit-elle, ne l’embrasserai-je pas aussi ?

— Viens ! viens ! lui cria Julian en l’attirant à lui, père ! père ! s’écria-t-il, bénissez vos enfants.

Tous les assistants, groupés un peu à l’écart, étaient profondément attendris par cette scène émouvante.

Ils se sentaient les yeux pleins de larmes.

La comtesse était radieuse.

Elle pleurait, elle aussi, mais de joie.

Elle avait enfin payé sa dette de reconnaissance à ces deux hommes, qui l’avaient jadis sauvée d’une mort horrible.

Tout à coup, Julian se dégagea brusquement des bras de son père.

Il jeta un regard anxieux autour de lui, poussa un cri de joie, et d’un bond il se trouva près de la comtesse, devant laquelle il plia le genou.

— Léona ! ma sœur ! s’écria-t-il en lui prenant les mains qu’il couvrit de baisers, c’est à vous que je dois le bonheur dont je jouis en ce moment. Voyez les heureux que vous avez faits, c’est votre œuvre ! Oh ! comment m’acquitterai-je jamais envers vous qui me donnez tant de joie !