Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/75

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— Oh ! un costume de chambre, tout simplement ; le premier qui te tombera sous la main ; on ne fait pas de toilette pour recevoir son médecin. D’abord, aide-moi à sortir du lit.

La toilette toute simple de la marquise se prolongea pendant plus d’une heure.

Enfin, lorsqu’elle se fut assurée, par un regard jeté à la glace, qu’elle était en état d’être vue, la marquise, suivant son habitude de chaque jour, car elle était très pieuse, passa dans son oratoire, où elle fit ses prières, tandis que sa camériste mettait tout en ordre dans la chambre à coucher.

Lorsqu’elle rentra, le feu flambait joyeusement dans la cheminée, et la marquise vit son chocolat servi sur une petite table en laque placée près du fauteuil, où elle s’asseyait ordinairement.

— Quoi de nouveau ? demanda la marquise tout en buvant son chocolat.

— Rien, maîtresse, répondit la jeune fille.

— À propos, reprit d’un air indifférent la marquise, qu’est devenu le mystérieux navire espagnol qui intriguait tant nos pêcheurs ?

— Il paraît que son embarcation l’a rejoint, ce qui était facile, il avait allumé des lanternes pour guider les recherches. Le navire a hissé l’embarcation à bord, puis il s’est couvert de voiles, et, à ce que disent les marins, il n’a pas tardé à disparaître dans la direction du sud-ouest.

— Quelle heure était-il ?

— Deux heures du matin, maîtresse ; toujours d’après le dire des marins du port ; depuis, on ne l’a plus revu. Il est bien définitivement parti. C’est singulier, n’est-ce pas, madame ? Tout le monde se perd en conjectures pour deviner ce qu’il est venu faire ici, car il est prouvé qu’il n’a pas laissé une seule lettre.

— Bon, on l’apprendra un jour ou l’autre ; tout finit par se savoir, dit la marquise avec un sourire d’une expression singulière. En attendant, bon voyage. Tiens, mignonne, emporte cela, j’ai fini.