Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/93

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tant que possible, qu’elle soit convenable et au fait du service.

Le maître d’hôtel s’inclina respectueusement, et la marquise rentra dans son appartement.

Au dîner, la marquise mangea de bon appétit. Elle renouvela au maître d’hôtel sa recommandation à propos d’une femme de chambre, donna quelques ordres au sujet de visites que le lendemain elle comptait faire dans les châteaux des environs, et, se sentant un peu fatiguée, elle se retira chez elle.

Il était sept heures et demie du soir.


VI

SUITE ET COMPLÉMENT DU PRÉCÉDENT CHAPITRE


La marquise se hâta de pousser les verrous.

— Enfin ! s’écria-t-elle, en levant les yeux au ciel, je vais donc être libre !

Elle alla s’agenouiller sur son prie-Dieu et fit une courte, mais fervente prière.

Ce devoir religieux accompli, elle songea à sa toilette ; tous ses préparatifs étaient terminés, sa valise fermée elle n’avait plus qu’à s’habiller ; il lui restait une demi-heure, c’était juste le temps qu’il lui fallait.

Elle commença par se brunir le visage et lui donner cette teinte un peu olivâtre, qui distingue les Espagnols des provinces méridionales ; elle se noircit les sourcils, ombra légèrement sa lèvre supérieure et, après avoir soigneusement aplati son opulente chevelure blonde, elle ajusta par dessus une perruque de cheveux noirs, fins et bouclés ; puis elle acheva de se grimer, c’est-à-dire de se faire une tête, ainsi que disent les acteurs dans leur argot de théâtre.

Sans doute, la marquise avait une certaine habitude de