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CHAPITRE VI

OÙ MESSIEURS MARAVAL ET IVON LEBRIS SE DESSINENT.


Les exigences de notre récit nous contraignent maintenant à abandonner pour quelque temps l’Amérique et à nous transporter d’un bond à Cadix dans la maison de M. Maraval, le banquier français, l’un de nos plus importants personnages.

Depuis quelques jours, cette maison, si calme d’ordinaire, n’était plus reconnaissable ; il y régnait une activité extraordinaire ; les employés semblaient pris d’une espèce de fièvre, tandis que M. Maraval lui-même entassait chiffres sur chiffres et feuilletait d’énormes registres in-folio en compagnie de son principal caissier.

M. Maraval se retirait des affaires ; il cédait sa maison à son premier employé, dont il avait, depuis deux ans déjà, fait son associé, et auquel il avait accordé la main de sa fille doña Asunta.

Ce jeune homme se nommait Hector Mallet ; il était orphelin et fils de l’un des plus vieux amis de M. Maraval, qui le lui avait recommandé en mourant.

Hector Mallet avait été élevé dans la maison du banquier, auquel il avait voué une profonde reconnaissance et un dévouement sans bornes pour