Page:Aimard - Par mer et par terre : le batard.djvu/74

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— Range à hisser les mâts d’hune et les mâts de perroquet ! cria le capitaine. Allons, enfants ! patinons-nous, il faut faire de la toile avant la nuit !

Et le capitaine se frotta les mains à s’enlever l’épiderme.

Grâce à ses précautions, le brick, selon son expression, n’avait pas eu un fil de carret cassé par la tempête.

Deux heures plus tard, tout était remis en ordre à bord ; le navire, couvert de toile, courait grand largue le cap sur Buenos-Ayres.

Le Pot au noir était franchi ; ce n’avait pas été sans peine !

Ce ne fut qu’au bout de six jours que le Zéphyr mouilla sur rade de Buenos-Ayres, vers trois heures de l’après-dîner.

Olivier reconnut avec joie le Hasard, fier et coquet, comme toujours, mouillé un peu au large et assez loin des autres bâtiments.

Au moment où le Zéphyr laissait tomber son ancre et carguait ses voiles, une pirogue baleinière du corsaire l’accosta à tribord.

Cette pirogue était montée par Ivon Lebris et six matelots.

Ivon sauta sur le pont, où il fut reçu par Olivier.

Les deux matelots tombèrent dans les bras l’un de l’autre.

Le Hasard n’était pas resté inactif pendant l’absence de son capitaine ; il avait fait trois longues et fructueuses croisières, et avait capturé cinq bâtiments espagnols, richement chargés, presque sans coup férir.

Ce brave Lebris était tout heureux d’annoncer