Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/263

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l’appeler seconde vue, prouve…, dit M. Maraval pour la taquiner.

— Elle prouve, interrompit-elle vivement, que lorsque tout le monde oublie mon grand ami, moi je pense à lui et je me souviens : est-ce clair, cela, señor ?

— C’est limpide, señorita répondit M. Maraval en s’inclinant avec un bon sourire. Ainsi, ajouta-t-il pour changer la conversation, qui menaçait de se mettre sur un terrain brûlant, comment se fait-il, cher don Diego, que vous vous trouviez au nombre des passagers de la Yung-FRau ?

– En effet, dit Olivier, je vous croyais parti depuis longtemps sur un bâtiment français, d’après ce que m’avait rapporté don Jose notre ami commun ?

— Votre dernière lettre me l’avait fait supposer, reprit celui-ci ; est-ce que vous ne vous rendez pas au Callao ?

— Au contraire, c’est précisément parce que je me rends au Callao, que j’ai pris passage sur la Yung-Frau.

— Je n’y suis plus du tout.

— Voici l’histoire en quelques mots, c’est simple comme deux et deux font quatre. M’étant, en qualité d’Andorran, placé sous la protection française, c’eût été de ma part une grande faute de m’embarquer sur un bâtiment espagnol, qui peut-être n’aurait pas réussi à me conduire à bon port, et du premier coup m’aurait rendu suspect à peine débarqué au Callao ; j’entrai donc en France ; mais, excepté les contrebandiers et les corsaires, aucun bâtiment ne prend de fret pour ces parages