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au hasard et se mit à lire d’une voix nette et harmonieuse, un passage de l’Apocalypse qui se présentait sous ses yeux.

La divine poésie descendue du ciel pour inspirer le saint prophète alors qu’il écrivait son immortelle vision, pénétra jusqu’au cœur simple et naïf de l’Enfant du Désert : longtemps après que sa femme eût terminé sa lecture, Oonomoo resta rêveur et absorbé dans cette harmonie surhumaine qui avait exalté son âme.

Tout-à-coup il releva la tête et dit :

— Le soleil s’incline vers le ciel couchant, Oonomoo doit partir.

Flwellina ne songea même pas à retenir son mari ; la femme d’un guerrier ne doit pas avoir de volonté. Elle se leva et vint à ses côtés pendant qu’il appelait son fils.

L’enfant arriva, bondissant comme un jeune daim ; il obéissait avec empressement au moindre signe de son père. Voyant que ce dernier se préparait au départ, il implora sa mère des yeux, jusqu’à ce qu’elle lui eût donné permission d’accompagner le cher voyageur.

Puis, sautant tête baissée dans les buissons, il précéda joyeusement Oonomoo.