Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/112

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
112
les drames du nouveau-monde

Arrivé au canot, Oonomoo s’y installa et laissa Niniotaa pagayer seul : bientôt ils eurent atteint l’endroit où avait eu lieu leur premier rendez-vous. Là Oonomoo se sépara de son fils ; mais au moment de s’éloigner il lui dit :

— Que Niniotan attende le retour d’Oonomoo, alors il marchera avec lui sur le sentier de guerre.

La joie de l’enfant ne saurait se décrire : ses yeux noirs lancèrent des éclairs ; un sang généreux colora ses joues brunies ; d’un bond il s’élança en pleine eau, emmenant avec la rapidité d’une flèche le léger canot qui tremblait sous l’aviron.

Oonomoo ne jeta même pas un regard en arrière ; il redevenait le guerrier vigilant et sévère.

Après avoir retiré son embarcation des arbres où il l’avait cachée, il reprit sa silencieuse navigation sur le lac marécageux. Puis, lorsqu’il eut atteint la rive, il la plongea sous l’eau suivant son habitude, et se mit en marche au travers des gazons flottants, des arbres demi-submergés, des roseaux touffus qui couvraient le dangereux territoire déjà parcouru par lui.