Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/122

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
122
les drames du nouveau-monde



aériennes, comme des géants saluant les étoiles ; quelques roseaux se balançaient sur leurs frêles tiges ; quelques lianes serpentaient en l’air ; tout cela silencieusement, avec des mouvements de fantômes ou de Sylphes en gaîté. Et tout autour, à perte de vue, à perte de pensée, le grand désert entourait le riant tableau de son immensité.

Parfois un oiseau nocturne surgissait sous les pieds de Canfield, lui rasait le visage, fuyait droit comme une flèche, longeant le lit de la rivière, et disparaissait après s’être amoindri successivement dans l’espace.

L’âme rêveuse et sensible du jeune officier était vivement impressionnée par la magnificence mystérieuse de cette belle nuit :

— N’est-ce pas beau, cela ! bien beau ! murmura-t-il.

— Oui, ça fait penser au Grand Esprit.

— C’est vrai, Oonomoo : je vous trouve plus sage que jamais dans vos pensées et vos paroles, mon bon ami, et je m’en réjouis. Je me sens, comme vous, tout rêveur et plein de respect pour Celui qui prodigue ainsi des trésors à la nuit et au désert.