Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/134

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
134
les drames du nouveau-monde



le champ le canot avec ses quatre rameurs apparut rapide comme une flèche : en un clin-d’œil ils furent sur le rocher, le couteau tiré, entourant Oonomoo, avec des regards de loups affamés.

Le guerrier Huron, les bras dédaigneusement croisés sur la poitrine, les mesurait de son œil tranquille et fier ; une lutte allait s’engager, lorsque Heïgon dit simplement :

— Il est mon ami.

Un changement complet s’opéra instantanément. Les couteaux disparurent, les traits menaçants des Miamis s’adoucirent, leurs mains se levèrent vers Oonomoo, mais cette fois, pour lui offrir une pacifique étreinte. En même temps leurs regards curieux demandèrent des éclaircissements à Heïgon. Celui-ci prit aussitôt la parole :

— La neige couvrait la terre, dit-il, Heïgon était à la chasse : une maladie subite l’avait rendu plus faible qu’un vieillard ou un enfant, incapable de marcher. La neige recommença à tomber jusqu’à ce qu’elle vînt à couvrir les plus hauts rochers ; Heïgon se coucha dans la neige pour mourir. Il était enseveli sous ce manteau