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glacé, et le Grand Esprit se disposait déjà à l’enlever, lorsqu’un Indien voyageur vint à passer. C’était l’ennemi d’Heïgon, pourtant il le releva sur ses pieds, il secoua la neige qui couvrait son corps et son visage, il réchauffa sa poitrine avec l’eau-de-feu. Il fraya un chemin au travers des broussailles glacées, et ayant ramassé des feuilles sèches, il alluma un bon feu pour réjouir Heïgon. Après avoir passé la nuit auprès de lui, il avait fait d’Heïgon un homme ; il l’avait sauvé. Lorsque le voyageur fut sur son départ, Heïgon lui demanda son nom : C’était Oonomoo le Huron ; celui qui est ici au milieu de nous.

Les regards des Miamis, après avoir entendu ce récit, se fixèrent sur Oonomoo avec une expression flatteuse et amicale : pour eux il était devenu un ami : sa noble conduite avec un des leurs, mettait le comble aux illustres actions dont il était le héros bien connu.

Au milieu de ce triomphe, le Huron conserva son attitude silencieuse et fière, sans même paraître entendre les paroles reconnaissantes d’Heïgon.

— Où va mon frère Huron ? lui demanda celui qui paraissait chef de la petite troupe.