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— Où est la main de Flwellina ? ajouta-t-il.

Sa bien aimée et fidèle compagne l’entendit et aussitôt plaça sa main dans la sienne : le mourant la porta à ses lèvres.

Bientôt le corps du Huron se refroidit : les derniers efforts que tous deux avaient faits pour réunir leurs mains avaient rouvert leurs blessures ; un filet de sang vermeil ruissela sur le bras de Flwellina et alla se mêler à celui d’Oonomoo qui coulait jusques dans la rivière.

Le moment suprême approchait : au travers de leur sourire céleste les traits nobles et calmes des agonisants exprimaient une vive souffrance.

Le missionnaire remarqua un léger mouvement sur les lèvres d’Oonomoo : pensant que celui-ci voulait lui adresser quelque demande, il se pencha vers lui et prêta une oreille attentive.

Le guerrier, dont l’âme entrevoyait déjà quelques-unes des lueurs éternelles, s’adressait au Grand Esprit, non avec les sentiments désolés d’un mourant, mais avec la pieuse confiance du juste qui espère.

Avec une simplicité touchante, il faisait une sorte d’examen de sa vie ; il rappelait que dans