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albert d’aix.

condition sans laquelle il ne leur serait point permis de s’avancer. Bientôt après il invita son frère Baudouin à se rendre en otage pour le peuple, ainsi qu’il avait été convenu. Baudouin ayant d’abord résisté vivement, et refusant de se livrer, le duc, un peu troublé, finit par déclarer que son frère demeurerait chargé du soin de l’armée de Dieu, et que lui-même n’hésiterait point à aller se remettre en otage pour ses frères. Alors Baudouin renonça à toutes ses indécisions et consentit à devenir otage et à se laisser transporter en exil pour le salut de ses frères.

Cet illustre prince étant donc allé se rendre, et le roi étant rentré avec lui en Pannonie, toute l’armée, d’après les ordres et l’autorisation du roi, passa le pont établi sur le marais et alla dresser son camp sur les bords de la Leytha. Lorsque les tentes furent plantées et tous les pèlerins bien établis, le duc chargea des hérauts d’aller dans toutes les maisons et dans toutes les tentes proclamer que chacun eût à s’abstenir, sous peine de mort, de toucher à aucune chose, d’enlever aucun objet de vive force dans le royaume de Hongrie, de se livrer à aucun mouvement séditieux, et qu’au contraire l’on eût soin de tout acheter à un juste prix. De son côté, le roi fit également publier dans toute l’étendue du royaume que l’on pourvût à ce que l’armée trouvât en abondance tout ce dont elle pouvait avoir besoin en pain, vin, grains et orge, en bestiaux des champs et en volatiles des airs ; il fut en outre prescrit aux Hongrois de ne point écraser l’armée en demandant des prix immodérés, mais plutôt de faire quelque diminution sur tous les objets mis en vente. Ainsi le duc et le peuple s’avançaient de jour