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JACK ET JANE.

s’arrêtaient surpris devant la maison illuminée en se disant que, là du moins, on fêtait dignement la grande fête de Noël.

Il serait absolument impossible de décrire toutes les surprises et le bonheur de chacun. Il suffit de dire que tout le monde fut ravi de son lot, et que le roi et la reine du jour furent tellement comblés de cadeaux que leur chaise longue semblait un petit bazar.

Jack ne se lassait pas de feuilleter le bel album contenant des timbres-poste de tous les pays et qu’il désirait depuis si longtemps. C’était le cadeau de Frank. Jane était de son coté en extase devant un couteau en argent, une jolie boîte à ouvrage et — quels remords pour elle ! — devant une bague que lui donnait Jack. C’était un bijou bien modeste, un simple cercle d’or avec un tout petit ne m’oubliez pas en turquoises, mais quelque chose comme une goutte de rosée tomba dessus, pendant que personne ne regardait Jane.

La petite fille eût donné volontiers la moitié de ce qu’elle avait reçu pour pouvoir s’approcher de son ami et lui dire : « Pardon, Jack, je regrette d’avoir été si peu gentille, » C’était impossible en ce moment. Elle soupira et admira ses autres cadeaux qui étaient les petits chaussons de Merry, les jacinthes et les géraniums que Gustave et ses sœurs lui avaient envoyés, le gâteau de forme bizarre apporté par Moliy, et la guitare qu’Édouard lui avait donnée en lui promettant de lui apprendre à en jouer.

L’arbre une fois dépouillé de ses fruits de toutes sortes, les enfants commencèrent par se montrer réciproquement leurs trésors et par faire des échanges de