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JACK ET JANE.

difficilement qu’il savait qu’il y était forcé. Autrefois, lorsqu’il se sentait près de se fâcher, il courait faire un tour de jardin et en revenait au bout de quelques minutes tout essoufflé, mais de bonne humeur. Depuis sa maladie, ce calmant lui était interdit, et il avait pris l’habitude de jeter dans ses accès de colère tout ce qui se trouvait sous sa main.

Il avait grande envie d’envoyer son latin au feu ; cependant il se contint, et répondit brusquement :

« J’ai eu tort de ne pas apprendre mon latin, mais ce n’est pas une raison pour fondre sur moi comme un aigle sur sa proie. Je ne le sais pas et je ne veux pas l’apprendre aujourd’hui. Rendez-moi mes timbres et mêlez-vous de ce qui vous regarde.

— Je vous rendrai un timbre à chaque leçon que vous me réciterez sans faute, mais autrement vous ne les reverrez jamais, » dit Frank en enfouissant les trésors de Jack dans les profondeurs de sa poche.

Pour le coup, la fureur de Jack ne connut plus de bornes. Il saisit son livre et le jeta au nez de son frère en lui criant :

« Tenez, le voilà, votre latin ! Gardez-le. Je ne l’ouvrirai pas avant que vous ne m’ayez rendu mes timbres. »

Frank était heureusement déjà parti, et il ne fut pas atteint ; mais le pauvre volume eut sa couverture déchirée et ses pages toutes froissées.

« Oh ! Jack, s’écria Jane terrifiée de voir le précieux livre si maltraité par son propriétaire, ce n’est pas votre livre latin que vous avez jeté, c’est votre album.

— Je croyais que c’était l’autre, murmura Jack très rouge et très dépité. Il ne doit pas être bien abîmé. En