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JACK ET JANE.

bonne grâce, pour bien vous montrer que je ne suis pas ingrate. »

Mme Grant se laissa toucher.

« Vous pourrez prendre tout ce qu’il vous plaira dans la grande armoire du grenier, lui dit-elle. Il y a là une masse de vieilleries qui viennent de votre grand’mère, et que je laisse manger aux mites parce que je n’ai pas le courage de m’en débarrasser à cause d’elle. Faites-en tout l’usage qu’il vous plaira, mais n’oubliez pas vos promesses.

— Soyez tranquille, mère, j’arrangerai ma chambre dès demain, et le soir je serai prête à vous montrer ce que j’entends par une jolie chambre. »

Merry était radieuse de bonheur. On eût dit qu’une nouvelle fleur venait d’éclore dans la vieille salle de la ferme.

Le lendemain, pendant cette même journée de pluie où Jane s’attira tant de chagrins, Merry était absorbée dans ses arrangements. Elle avait trouvé au grenier des trésors infinis, et, sans s’inquiéter des nombreux trous produits par les mites, elle tâcha d’imiter de son mieux le confortable et l’élégance qui régnaient chez Mme Minot.

De vieux rideaux de damas rouge furent posés aux fenêtres et donnèrent un joyeux reflet au papier gris qui couvrait les murs. Une couverture de même couleur fut étendue sur le lit ; un joli châle placé sur la table fit un tapis merveilleux ; il fut utile de cacher quelques parties un peu avariées sous des livres et des boîtes, mais c’était là un détail insignifiant, et le résultat n’en était pas moins charmant. Le petit poêle qui était dans la che-