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MERRY ET MOLLY.

minée fut relégué à la cave et remplacé par des chenets brillants. Des flambeaux de cuivre poli furent mis sur la cheminée. Le cadre de la glace qui la surmontait, recouvert de velours vert, fut relevé par quelques nœuds rouges qui firent miracle aux yeux de Merry. À côté des flambeaux, la petite fille plaça un brillant flacon d’eau de Cologne presque vide, une pelote toute neuve et un coquillage rose dans lequel elle avait mis ses quelques bijoux. C’était superbe.

En attendant de plus jolis tableaux, Merry emprunta au grenier trois vieilles gravures. La première n’était pas précisément gaie, c’était un mausolée entouré de saules pleureurs. La seconde était une éruption du Vésuve d’un effet tragique. La baie de Naples tout entière semblait éclairée par des feux de bengale ; le Vésuve et le ciel étaient d’un rouge violet, et des formes indistinctes, qui pouvaient être à volonté des hommes ou des animaux, étaient étendues sans vie sur le rivage. La troisième seule rachetait la sévérité des autres : elle présentait une ronde d’enfants autour d’un mai.

Ceci fait, Merry mit une bûche dans la cheminée et regarda son œuvre avec complaisance.

« À présent, se dit-elle, je vais aller chercher tout mon monde. Je serai bien surprise si je ne récolte pas des compliments, car c’est charmant. Dorénavant, quand tout me paraîtra sombre et triste autour de moi, je viendrai me remettre de bonne humeur chez moi. »

La nuit était à peu près venue, la petite fille alluma ses deux bougies. Cela devait lui permettre de montrer toutes ses richesses à la fois. Malheureusement le feu fumait ; elle dut entr’ouvrir une fenêtre, et pendant son absence,