Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/128

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
102
JACK ET JANE.

un vent mal intentionné fit voltiger l’étoffe d’un rideau près des lumières, et quand, ayant été chercher « tout son monde, » Merry revint en triomphe suivie de toute sa famille, elle trouva la chambre en feu. La moitié de son travail était perdu.

L’incendie fut éteint en un clin d’œil, mais les moqueries ne furent pas épargnées à la coupable.

Sa mère la gronda sur son étourderie et gémit des dégâts ; ses frères la taquinèrent sans pitié, et la pauvre Merry courut se réfugier dans les bras de son père qui eut toutes les peines du monde à la consoler.

Tel fut le résultat des efforts de Merry.

Molly eut encore plus de peine et moins de succès que ses amies.

Elle était orpheline ; son père, M. Bemis, était un riche meunier, tout occupé de ses moulins. Il partait chaque matin avant l’aurore, et, lorsqu’il revenait le soir, il avait toujours tant de journaux à lire, de comptes à régler ou de personnes à voir qu’il apercevait à peine ses enfants. Il avalait son thé en quelques minutes, disait un mot à Molly, donnait un baiser à Boo et repartait aussitôt.

Miss Bat était si active et si capable, quand Mme Bemis l’avait prise à son service quinze ans avant, que le meunier s’imaginait qu’elle était toujours la même. Une femme se serait vite aperçue qu’elle était devenue vieille et insouciante, qu’elle négligeait les enfants et que tout allait de travers dans la maison, mais M. Bemis ne s’en doutait même pas.

Miss Bat trouvait qu’elle avait suffisamment rempli son devoir de gouvernante, quand elle avait préparé les