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MERRY ET MOLLY.

reçus le jour de Noël : La Mine d’or de Kelly. Le temps passa si vite dans cette agréable occupation, que la cloche du dîner la surprit ainsi. Elle tressaillit, jeta son livre de côté et se précipita à bas de son canapé. En arrivant dans la salle à manger, elle constata que Boo y avait construit un chemin de fer avec des livres et des morceaux de charbon. Sur ces rails d’une nouvelle espèce, le petit garçon faisait voyager son traîneau chargé du chien de carton, d’un des malheureux petits chats de Molly et des restes de la saucisse. La chambre, propre il y a quelques heures, ne l’était plus.

« Hélas ! soupira Molly, pourquoi les enfants ne peuvent-ils pas jouer proprement ? Je laverai Boo tout de suite après le dîner ; cela l’empêchera de faire des bêtises pendant quelque temps. »

Elle ajouta tout haut :

« Miss Bat, voudriez-vous avoir la bonté de me donner deux seaux d’eau chaude et la petite baignoire de Boo ? j’en aurai besoin tout à l’heure.

— Qu’en voulez-vous faire, Molly ?

— Je veux laver Boo, il en a assez besoin. »

Molly ne put s’empêcher de rire ; son petit frère venait encore de se barbouiller en mangeant, et sa figure était de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

« Mademoiselle Molly, dit miss Bat en scandant ses paroles, vous allez me faire le plaisir de laisser votre frère tranquille. Vouloir faire prendre un bain à un enfant au beau milieu de la journée quand il vient de dîner et qu’il a mal à la gorge par dessus le marché, c’est insensé. Débarbouillez-le tant que vous voudrez, mais je ne vous permettrai jamais de lui faire prendre un