Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/134

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
108
JACK ET JANE.

bain par an froid pareil. C’est vouloir le rendre malade ! »

Mollv dut se soumettre, mais elle le fit bien à contrecœur. En partant avec Boo, elle dit fièrement à miss Bat :

« Quoi que vous fassiez, je baignerai Boo. Il en a besoin, et je ne veux pas qu’il ressemble à un animal sauvage !… J’en demanderai ce soir la permission à papa ; il ne me la refusera pas ! »

Après avoir refait son feu et débarbouillé Boo, Molly regarda sa propre chambre en désordre et s’écria :

« Miséricorde ! Il faut d’abord ranger tout cela, et puis je m’occuperai des raccommodages, si je puis retrouver mon dé. »

Elle passa en revue son cabinet de toilette, sa commode, sa table, et trouva partout une telle confusion que le courage faillit lui manquer.

Rien n’était en état, pas même sa robe des « dimanches, » à laquelle il manquait deux boutons, ni son chapeau habillé, qui n’avait plus d’élastique. Des jupons, des bottines, des livres, des jouets, traînaient dans tous les coins ; ses tiroirs étaient un vrai chaos de cols froissés, de gants dépareillés, de rubans fanés, de crayons et de bouts de papier.

« Mme Minot n’aurait guère bonne opinion de moi si elle voyait ce fouillis ! » s’écria Molly en se rappelant que cette dame avait dit un jour qu’elle jugeait le caractère d’une petite fille rien qu’en inspectant l’un de ses tiroirs.

« C’est honteux, Molly, rangez vite tout cela, » continua-t-elle en prenant tous ses tiroirs les uns après les autres et en les renversant sur le tapis.

C’était une besogne longue et fastidieuse ; la nuit vint