Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/160

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
130
JACK ET JANE.

tendrement encore que de coutume. Elle appréciait plus ce petit sacrifice que tous les prix qu’il aurait pu remporter en classe.

Cinq minutes après, Jane chantait comme une petite fauvette. Elle n’apprit que beaucoup plus tard pourquoi Jack avait voulu rester, mais nous verrons qu’elle sut prendre sa revanche.

Jack eut d’autant plus à se féliciter de sa résolution, que le temps devint très mauvais à la fin de janvier. Il n’aurait pas pu sortir la moitié du temps s’il en avait eu envie.

Pendant que la neige tourbillonnait contre les vitres et que le vent sifflait au dehors, il chercha chaudement au coin du feu à amuser Jane et à faire de grands progrès en latin.

Enfin le beau temps revint. Le 1er février, Jack, encouragé par Jane elle-même, partit gaiement pour l’école, ses livres sous le bras, ses mains dans les gants tricotés par sa petite amie. Sa mère le regarda partir et Frank le suivit avec un traîneau neuf, tout prêt à lui venir en aide si la course devenait trop longue pour sa jambe malade.

Quand Mme Minot revint près de Jane avec l’intention de distraire sa solitude, elle fut toute surprise de l’entendre dire en souriant :

« Je n’aurai pas le temps de m’ennuyer malgré le départ de Jack, car nous allons avoir bien à faire pour le 22. Le club dramatique doit se réunir ce soir. Ces demoiselles m’ont chargée de vous demander si vous voulez que ce soit ici, afin que je puisse assister à la séance. »

Mme Minot lui accorda volontiers sa demande, et lui