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JACK ET JANE.

morne la vieille robe de soie brune qui lui avait été prêtée par sa mère, et embrassa affectueusement son amie.

Juliette dit à son tour, en fronçant les sourcils sous sa couronne de papier doré :

« Quand j’irai chercher la robe de brocart que miss Delano doit me prêter, je lui demanderai sa robe de satin jaune pour Merry, et je lui dirai combien peu vous êtes complaisantes.

— Peut-être voudriez-vous couper aussi les cheveux de Mabel pour les donner à Merry ? dit Susy d’un ton sardonique.

— On ne veut pas de cheveux blonds, ajouta Mabel avec un sourire de mépris. Il faudra que Juliette donne les siens ou que Merry emprunte la perruque de miss Bat. »

Molly Los en colère s’écria :

« Je donnerais quelque chose pour que miss Bat elle-même fût ici pour vous administrer une remontrance !… Ôtez-vous donc de là, petite coquette, » ajouta-t-elle en repoussant Susy, qui était devant la glace, très occupée à mettre une couronne écarlate sur ses cheveux rouges.

Molly arrangea son turban et en ôta un pompon rose pour le donner à Merry. Celle-ci, qui attendait patiemment son tour, la remercia et lui dit :

« Ne vous disputez pas à cause de moi. Je cacherai ma vilaine robe avec le châle rouge. »

En tournant la tête pour chercher le châle, Merry aperçut dans la chambre voisine quelque chose qui lui fit oublier ses propres contrariétés. Jane était là toute seule. Elle semblait un peu fatiguée par le bavardage