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JACK ET JANE.

vous pourrez aussi faire des étiquettes pour votre mère. »

Jack et Jane se mirent gaiement à l’ouvrage. Bientôt une douzaine de jolies petites cartes fut imprimée au nom de Jane, et la petite fille les paya immédiatement un sou pièce. Puis Jack porta des étiquettes à sa mère, qui lui en commanda aussitôt cinq douzaines, quoiqu’elle ignorât pourquoi il avait tant besoin d’argent.

On était au milieu du mois, et le demi-dollar que Jack recevait tous les premiers du mois pour ses menus plaisirs était dépensé depuis longtemps. Il fallait donc bien travailler pour gagner les deux dollars manquants.

Jack et sa compagne travaillèrent sans interruption toute la soirée. Frank leur demanda des cartes roses pour sa cousine Annette, et il poussa la bonté jusqu’à aller lui-même choisir du papier chez le papetier. Quand il revint, Jane lui demanda tout bas :

« Savez-vous pourquoi Jack est si pressé ?

— Je m’en doute, répondit Frank. Il n’a pas fait de sottises, car je le saurais déjà, mais il a dû s’engager trop loin pour rendre service à quelqu’un. Il a trop bon cœur ; on abuse de lui. Ne le tourmentez pas. Vous connaîtrez bientôt son secret, j’imagine. »

En cela, Frank était dans l’erreur. Son secret ne devait pas être divulgué de sitôt.

Quand Jane et Annette montrèrent leurs jolies cartes à leurs compagnes, les commandes abondèrent chez le jeune imprimeur. Personne n’ignore que, dans le monde des petites filles, il suffit que l’une d’elles ait quelque chose de nouveau pour qu’aussitôt elles veuillent toutes