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LE SECRET DE JACK.

avoir la pareille, depuis un nœud de ruban jusqu’à une encre de couleur.

Pendant cinq ou six jours, le pauvre Jack ne prit pas une minute de repos. Il passait toutes ses récréations devant sa presse, et aucune invitation, aucun plaisir ne pouvait l’en arracher. Jane l’aidait de toutes ses forces. Elle n’avait pas oublié que Jack était resté en chambre pour lui tenir compagnie, et elle voulait lui montrer qu’elle n’était pas ingrate.

Quand les dernières cartes furent achevées, et que la petite bourse de Jack contint les deux dollars qui lui manquaient, il dit à sa compagne :

« Jane, vous avez été bien gentille de m’aider, je vous en suis très reconnaissant.

— Je suis bien aise d’avoir pu faire quelque chose pour vous, répondit-elle, mais j’aurais travaillé avec plus de plaisir si j’avais su pourquoi. »

Jane trouvait que le moment était opportun pour demander des explications, mais elle fut trompée dans son attente. Jack lui dit seulement d’un ton amical :

« J’ai une envie terrible de vous le dire, mais je ne peux pas, parce que j’ai promis de me taire.

— Comment !… Toujours ?

Toujours !

— C’est très joli ; mais, moi, je n’ai rien promis, et je saurai bien découvrir votre secret,

— Impossible, dit Jack en secouant la tête.

— Vous verrez.

— Vous êtes très fine, mais vous ne pourrez jamais deviner cela.

— Je parie que vous me le direz vous-même.