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JACK ET JANE.

Le pauvre Jack devint cramoisi. Il fut obligé de se mordre la langue pour la réduire au silence. Cette affaire allait sans doute lui coûter cher. Il n’avait pas prévu tout cela lorsqu’il s’y était engagé à l’étourdie. Mais bientôt ses joues reprirent leur couleur habituelle, ses traits leur calme accoutumé, et il regarda son maître d’un regard plein de franchise. Puis, il lui répondit très bas, mais assez distinctement pour être entendu de tous ses camarades :

« Les apparences sont contre moi, monsieur ; mais, comme vous voulez bien le dire, je suis moins coupable que je ne le parais. Je ne puis rien vous dire de plus là-dessus. J’ai eu tort d’entrer au café, malgré votre défense, mais Jerry était engagé ; il allait partir, et je n’avais pas d’autre occasion de le voir. Il fallait bien tenir ma promesse. »

Son accent de sincérité convainquit pleinement M. Acton de son innocence. Il eût bien voulu ne pas le punir, mais lui aussi devait tenir sa promesse.

« Eh bien ! Jack ! lui dit-il, vous serez en retenue toute la semaine, et ce mois-ci sera le premier depuis que je vous connais où vous n’aurez pas de bonnes notes de conduite. Allez maintenant, mais que tout le monde ici comprenne bien que je défends qu’on vous fasse aucune question là-dessus, avant le moment où vous jugerez bon de vous expliquer. »

M. Acton se leva en parlant et sortit. Les écoliers s’en allèrent aussi par groupes en causant de ce grave événement. Jack resta seul pour ranger ses livres. Il n’en était pas fâché, car cela lui permettait de cacher les quelques larmes qui voulaient couler, parce que Frank