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JACK ET JANE.

un froid glacial, et le trajet semblait d’une longueur interminable. Sans la pensée du service qu’il allait rendre à Bob, jamais il n’eût pu continuer !… Enfin, tout cela était passé ; ses dures épreuves étaient terminées, grâce à Jane, et il ne regrettait rien, oh ! non !

On arriva. Mme Minot savait si bien raconter les choses, qu’elle eût touché le cœur d’un homme plus inflexible que le capitaine Skinner. Il lui promit de ne pas faire de reproches à Bob, et parut très sensible aux efforts de Jack pour garder Bob dans le droit chemin. Quant à Bob, il se hâta d’attirer Jack dans la grange, et là, dans le foin parfumé, il lui fit les remerciements les plus sincères. Au moment du départ, il déposa dans la voiture de son ami un grand sac de châtaignes, et voulut se retirer timidement. Mais Mme Minot et le capitaine le retinrent pour lui adresser quelques paroles d’encouragement, qui l’obligeraient pour l’avenir à une conduite exemplaire sous peine de déchoir dans leur estime.

« Mes châtaignes seront pour Jane, dit Jack à sa mère quand ils furent de nouveau en route. Je voudrais pouvoir lui donner quelque chose dont elle ait bien envie. Elle est si gentille de m’avoir tiré d’affaire, que je lui dois bien une récompense.

— Je crois que je pourrai vous satisfaire dans quelques jours, dit Mme Minot. Ce sera une surprise agréable pour tout le monde, mais je ne veux rien vous dire encore. Moi aussi, j’ai mes secrets.

— Oh ! gardez-les, mère, s’écria Jack en secouant ses épaules comme pour les débarrasser d’un fardeau trop lourd. Moi, j’en ai assez et pour longtemps. Est-il joli, le vôtre ?