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LES MIRACLES DE SAINTE LUCY.

Patience était un ange qui l’entendait peut-être. Mais un soir qu’elle s’était endormie en l’appelant, l’ange vint en effet. Personne ne le vit entrer, personne ne l’entendit, mais il était là. Il toucha du bout de son aile les yeux, les mains et la bouche de l’enfant, et il s’envola en lui laissant trois dons précieux. Depuis ce moment, sans que la petite Lucy en sût la cause, ses chansons devinrent moins tristes ; ses yeux virent tout en beau, et ses mains furent toujours prêtes à aider ceux qui l’entouraient. Peu à peu l’oiseau farouche cessa de s’agiter dans sa cage. Il s’apprivoisa et remplit le palais de son doux chant, si bien que la châtelaine l’écoutait des heures entières sans se lasser. Les petits chevaliers rappelaient leur rossignol, et sa pauvre mère s’en trouvait consolée.

— C’était là un des miracles de sainte Lucy ? continua Jack.

— Oui, mais ce n’était pas le seul ; l’ange de la patience peut en faire bien d’autres. Il suffit de le laisser faire.

— La petite fille s’appelait-elle vraiment Lucy ? continua Jack.

— Non, mais la châtelaine la surnomma ainsi en voyant combien elle tâchait de ressembler à une certaine miss Lucile Snow dont elle lui avait parlé un jour. »

Jane se cacha la figure contre son oreiller ; elle ne trouvait pas de paroles pour exprimer combien elle était heureuse de voir ses petits efforts connus et récompensés.

« Cette histoire est très intéressante, dit Frank, mais il me semble qu’on eût pu en dire plus long sur les jeunes chevaliers.

— Vous êtes donc bien pressé ? demanda Mme Minot.