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JACK ET JANE.

dire quand elle les avait faits. Son père lui avait donné tant de fleurs, qu’elle fit une vraie petite serre de la large baie d’une des fenêtres. Il y avait là trois rangées de pots tout autour, et des corbeilles de fleurs retombantes, suspendues au plafond, formaient comme un petit berceau de verdure.

Les premiers efforts de Merry avaient si mal réussi, qu’au lieu d’essayer d’embellir toute la maison, elle se contenta d’arranger à sa guise ce petit coin qu’on lui avait donné. Elle en fit un endroit ravissant ; si bien que Mme Grant dut finir par avouer que les fleurs faisaient moins de malpropreté qu’elle ne l’avait craint. Quant à M. Grant, il ne se lassait pas d’admirer sa fille, quand elle travaillait assise sur sa petite chaise basse, devant sa table couverte de livres.

Il n’y avait pas jusqu’à la lampe de Merry qui ne différât des autres. Elle était si bien entretenue, qu’elle semblait donner plus de clarté et illuminer le rideau de lierre et de plantes grimpantes, qui montait le long de la fenêtre. Bientôt son père s’approcha d’elle pour lire son journal ; sa mère alla se reposer sur le vieux canapé à côté, et ses frères trouvèrent la salle à manger plus attrayante que la cuisine. Au lieu du vilain fourneau qui était dans la cheminée, Merry obtint la permission de mettre des chenets et d’y faire du feu de bois. La flamme s’envola en dansant dans la cheminée comme si elle eût été ravie d’échapper à sa prison. Cela changea complètement l’aspect de la chambre. Un beau jour, le fauteuil du fermier se trouva d’un côté, celui de sa femme de l’autre, et dorénavant tous deux passèrent leurs soirées à tisonner.