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SUR LA COLLINE.

« Vous ne vous trompez pas, répondit Ralph en ralentissant son pas pour se mettre au sien ; j’ai de bonnes nouvelles à vous donner, et j’allais justement chez vous pour cela. Vous êtes si bonne que je savais que vous prendriez part à ma joie. Ce n’est qu’un rayon d’espoir, une simple chance de succès, mais c’est si inespéré que je ne puis croire que ce soit vrai.

— Oh ! dites-moi vite ce que c’est, s’écria Merry, ne me faites pas languir.

— Eh bien j’irai peut-être en Italie à la fin de l’automne, dit Ralph d’un ton mystérieux.

— Êtes-vous heureux ! fit Merry en joignant les mains.

— Oh oui !… David German doit aller passer un an à Rome pour finir sa statue, et il veut m’emmener. Justement grand’maman est invitée pour plusieurs mois chez une de ses nièces, ainsi rien ne s’y oppose, et je crois vraiment que ce beau projet deviendra une réalité !

— Mais n’est-ce pas un voyage bien coûteux ? demanda Merry, qui, malgré ses rêveries, avait beaucoup du sens commun de sa mère.

— Si, mais je gagnerai de l’argent. J’en ai déjà mis un peu de côté, et je travaillerai tout l’été comme un nègre pour amasser le reste. Je ne veux rien emprunter à personne ; mais s’il le fallait absolument, je connais quelqu’un qui me prêterait volontiers cent dollars.

— Je vous les prêterais de grand cœur si je les avais ; j’ai confiance en votre talent, s’écria Merry. Ce doit être idéal de se sentir capable de faire des chefs-d’œuvre !… Et voyager, et voir tant de choses nouvelles, tant de mer-