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JACK ET JANE.

C’était souvent difficile de contrarier les goûts d’une enfant aussi douce et aussi gentille que l’était Merry, et la fermeté de Mme Grant faiblissait parfois.

Ce jour-là, en particulier, il lui en coûtait de tenir sa fille plus longtemps à l’ouvrage. Enfin, la dernière reprise fut terminée. Merry étouffa un soupir en entendant sonner quatre heures. La charmante journée de printemps s’envolait à vue d’œil.

« Y-a-t il d’autres choses à raccommoder ? demanda-t-elle doucement.

— Si vous n’êtes pas trop fatiguée pour aller jusqu’au village, j’ai une commission à vous donner, répondit sa mère en souriant. Cela vous plaira-t-il ?

— Oh ! oui, mère. »

Mais cette fois la réponse de Merry ressembla à un cri d’oiseau joyeux.

Le dé et les ciseaux furent vite mis de côté, les bas rangés dans l’armoire, et, cinq minutes après, Merry descendait la colline en courant. Elle était gaie comme une alouette, et saluait comme elle par un chant le retour du soleil et des beaux jours. Elle alla rejoindre Molly qui l’attendait impatiemment, fit une courte visite à Jane, n’oublia pas ses commissions au village, et reprit non moins gaiement le chemin de la ferme.

Pendant qu’elle montait lentement le petit chemin tournant, quelqu’un la rattrapa. C’était Ralph Evans. Il avait l’air si heureux, que Merry lui demanda en souriant quelles bonnes nouvelles il avait à lui apprendre. Ralph et Merry étaient très bons amis. Cette dernière croyait naïvement que rien n’était supérieur à un artiste.