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LA VEILLE DU 1er MAI.

« Maintenant, reprit Jane quand le dernier panier fut plein, il faut mettre les noms des personnes à qui nous les destinons. »

Frank alla chercher plume, encre et papier de différentes couleurs, et on se mit à écrire.

« Si nous faisions des vers, proposa Molly, cela suppléerait au manque d’abondance des fleurs. »

La proposition ne fut pas acceptée avec beaucoup d’enthousiasme, mais chacun fit preuve de bonne volonté, et griffonna de son mieux. Cependant, je dois avouer que le résultat ne dut pas être bien satisfaisant, car la plupart des jeunes poètes refusèrent obstinément de lire leurs œuvres, Jane et Molly y consentirent seules. Et encore Molly n’avait pas fini.

« Trouvez-moi donc un mot qui rime avec géranium, demanda-t-elle en se frappant le front comme pour en faire jaillir une idée lumineuse.

Album, répondit Frank.

Merci. Taisez-vous seulement deux minutes et j’aurai fini. »

Le silence le plus profond régna dans la chambre pendant près d’un quart d’heure. Molly mâchonnait son crayon, écrivait, biffait, récrivait et rebiffait sans se lasser. Enfin, elle s’écria :

« C’est fait !

— Lisez-nous cela, lui dit Gustave.

— D’abord, voyez mon panier, n’est-il pas joli ? »

Molly alla chercher un petit bateau en carton recouvert de papier vert. Elle leur montra tout au fond une poignée d’orties, cachée sous la mousse.

« Grif me joue toujours des mauvais tours, leur