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LA VEILLE DU 1er MAI.

Molly s’arrêta.

« Bravo ! s’écrièrent ses amis en riant.

— Signerez-vous ? lui demanda Edouard.

— Non ; mais Grif saura bien reconnaître mon écriture.

— Gare à vous l’année prochaine, lui dit Frank.

— Cela ne me fait pas peur, répondit Molly. Voyons, Jane, à votre tour. À qui sont adressés vos vers ?

— À quelqu’un qui ne s’en moquera pas, repartit Jane d’un ton plus sérieux que ne le comportait la situation.

— Pour qui est-ce ? demanda Jack.

— Pour votre bonne mère.

— Nous vous écoutons.

— Voici, dit Jane en hésitant quelque peu :


Pas la moindre fleur dans les bois,
Dans les près ou sur la montagne.
Hélas ! je n’ai que peu de choix ;
Tout dort encore dans la campagne.
Je n’ai pu trouver que ceci,
Mais, avec cette humble fleurette,
Je veux vous envoyer aussi
Tout le cœur de votre Jeanette.


— C’est très gentil, dit Frank. Je suis sûr que cela fera plaisir à maman.

— Et votre corbeille est ravissante, » dit Jack en s’approchant de son amie.

Le fait est que Jane avait mis tous ses soins à la confection d’une jolie petite corbeille en papier blanc et or. Elle avait coupé sans pitié, pour la remplir, toutes les fleurs qui avaient poussé sur sa fenêtre. Elle posa le