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JACK ET JANE

sentir mieux, dès le quatrième jour, et la semaine n’était pas finie, que leurs mères étaient à bout de ressources pour les amuser.

Le premier essai de ce genre qui eut du succès partit de L’Hôpital n° 1 (c’est ainsi que Mme Minot appelait la chambre de Jack). Comme cet endroit devint le théâtre de plusieurs scènes remarquables, nous allons commencer par en donner quelque idée à nos lecteurs.

Chacun des deux frères, Jack et Frank, avait une chambre particulière dans laquelle il arrangeait selon son goût ses trophées et ses trésors. Celle de Frank était remplie de livres, de mappemondes, de cartes, de machines en miniature, de dessins géométriques et de cornues servant à ses expériences de chimie. Un grand fauteuil dans lequel il s’étendait pour lire et étudier, un panier de pommes servant de rafraîchissement soit à lui, soit à ses amis, et un immense encrier hérissé de plumes ornaient seuls cette retraite d’étudiant studieux.

Le dada de Jack était de devenir un athlète ; aussi une simplicité plus sévère régnait-elle dans sa chambre en tout temps, mais surtout en été ; alors il n’y avait plus ni tapis, ni rideaux, ni coussins, et son lit était aussi dur et aussi étroit que la couche d’un Spartiate. Les principaux ornements étaient des fouets, des cannes, des lignes, des patins, des haltères, un grand appareil hydrothérapique et une petite bibliothèque composée presque entièrement de livres traitant des jeux, des chevaux, de l’hygiène, de la chasse, de la pêche et des voyages. En hiver, sa mère lui imposait tapis, rideaux et feu, et Jack se relâchait quelque peu de la sévérité de son traitement, en se permettant de temps en temps de manger des