Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/39

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CHAPITRE III

L’HÔPITAL NUMÉRO 1


Les premiers jours on ne sut que très peu de chose des « chers malades, » comme les appelaient les vieilles dames du pays, et on ne les vit pas du tout, le médecin ayant interdit formellement toute visite ; mais on ne les oubliait pas. Chaque fois que leurs camarades se rencontraient, leurs premières paroles étaient : « Avez-vous vu Jane ? » et « Comment va Jack ? » Et tous attendaient avec impatience le moment où ils auraient enfin la permission d’aller voir leurs compagnons favoris.

Ces quelques premiers jours, les prisonniers les employèrent à souffrir, à dormir et à tâcher de se résigner à la triste perspective d’être privés de jeux et d’études pendant de longues semaines. Mais la jeunesse est pleine de ressources merveilleuses ; grâce à elle, les esprits et les corps reprennent le dessus dans les cas même les plus décourageants. L’élasticité de la nature dans les enfants s’adapte plus facilement à de nouvelles et aux pires situations. Jack et Jane commencèrent non pas à être guéris, hélas ! mais à se croire, et par suite, à se