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JACK ET JANE


« Ma chère Jane, quel malheur que vous ne puissiez pas venir me voir ! Je vais assez bien, mais je suis terriblement fatigué de rester tranquille. Que je voudrais donc vous voir ! Frank vient de nous arranger un télégraphe afin que nous puissions nous écrire et nous envoyer toutes sortes de choses. Je ne sais pas comment il s’y est pris ; mais, quand vous voudrez m’envoyer quelque chose, vous n’aurez qu’à tirer la ficelle rouge, et ma petite cloche sonnera et je saurai qu’il y a un message en route. Je vous envoie une orange. Aimez-vous les confitures de goyaves ? On m’a donné des masses de bonnes choses, nous les partagerons, bien entendu. Adieu,

« Jack. »


Le panier se mit en route pour le cottage et revint au bout d’un quart d’heure avec l’orange.

« Jane est-elle devenue folle ? » demanda Jack quand son frère lui apporta la dépêche, le panier et son contenu, une orange.

L’orange semblait vide, mais aussitôt qu’il la prit, elle s’ouvrit. Il en tomba une lettre, deux boules de gomme et un hibou fait avec une noix. Deux brins de paille formaient les pattes, deux taches d’encre les yeux, et le tout faisait si bien la caricature du Dr Whiting, que les deux frères partirent d’un éclat de rire.

« C’est digne de Jane, Elle trouverait moyen de plaisanter, même à l’article de la mort. Voyons ce qu’elle écrit, » fit Jack, en ouvrant un petit billet qui montrait le plus grand mépris des règles de la grammaire et de l’orthographe.