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L’HÔPITAL NUMÉRO 1.

l’on ne sait quand elles se seraient arrêtées si la petite sonnette du télégraphe n’eût pas été agitée tout à coup avec une telle force que chacun en sauta sur sa chaise.

« C’est Jane ; allez vite voir ce qu’elle veut, Frank. Et vous, messieurs, admirez la nouvelle invention de mon frère, » s’écria Jack.

Un hourrah général accueillit l’ouverture de la dépêche de Jane. C’était un coq en papier dont une des pattes était enveloppée dans du coton rose, un gros paquet de nougat et le petit billet suivant :


« Cher monsieur, j’ai vu entrer tous vos amis et je pense que vous avez du bon temps ensemble. Permettez-moi de vous envoyer le nougat que Molly Loo et Merry viennent de m’apporter. Il y en a tant que je ne pourrais jamais en venir à bout toute seule. Recevez avec, le portrait de Jack Minot… Je voudrais bien pouvoir aller vous trouver !… Aimez-vous le tapioca ? Moi je ne peux pas le souffrir.

« À vous à la hâte.
« J. P. »


« Écrivons-lui tous, » proposa Jack.

On alluma la lampe ; on prit plumes, encre et papier, et chacun se mit à griffonner, à l’exception de Frank, qui préféra dessiner la catastrophe.

Il est impossible d’imaginer rien de plus comique que ce dessin qui représentait Jack avec une tête de la dimension d’un ballon et Jane cassée en deux morceaux, tandis que les spectateurs étaient faits avec tant de talent et de malice que Gustave avait des jambes de cigogne, Molly