Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/52

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
36
JACK ET JANE

plaisir, car vous devez être bien triste toute seule, mais puisque ce n’est pas possible, je vous envoie seulement mes meilleures amitiés. J’espère que vous tâcherez d’avoir de la patience ; c’est ce que je me propose de faire de mon côté, car, ne l’oubliez pas, c’est de notre faute si nous sommes malades, et nous n’avons pas le droit de nous plaindre. Comme les mères sont bonnes, n’est-ce pas ? La mienne doit aller vous voir demain pour me rapporter des nouvelles toutes fraîches. Ce petit rond que vous voyez-là est un baiser que je vous envoie pour vous souhaiter une bonne nuit.

« Votre
« Jack. »


« Est-ce assez sentimental, dit Joë en ricanant. Vous avez raison de vous cacher, Jack, ajouta-t-il, car vous êtes en train de devenir un vrai bébé. »

Les jeunes gens ne firent pas chorus avec Joë. Ils blâmèrent d’autant plus son indiscrétion qu’ils virent qu’elle avait chagriné Jack. Après avoir jeté son oreiller au visage de son adversaire, le petit malade avait caché son visage sous ses couvertures.

Ce projectile d’un nouveau genre faillit atteindre Mme Minot, qui entrait juste alors avec un plateau sur lequel était le thé de son malade.

Les écoliers s’empressèrent de partir, et Joë faillit même dégringoler au bas de l’escalier dans sa précipitation pour échapper à la poursuite de Frank, blessé comme Jack de son procédé.

« Restez ici Frank, lui cria sa mère. Que s’est-il passé ?