Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/77

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MYSTÈRES.

Débats devenait monotone et ennuyeux, c’était Ralph qui y ramenait l’animation par quelque discours spirituel. Rien ne se faisait sans lui dans le village. Les ventes de charité ne marchaient pas s’il ne s’en mêlait, et, dans l’atelier où il travaillait, il accomplissait bien des petites choses qui prouvaient son talent d’ingénieur, comme son énergie et son honnêteté à toute épreuve.

Mme Minot l’aimait beaucoup et elle le voyait avec plaisir auprès de ses fils. Elle se disait qu’eux aussi auraient à faire leur chemin dans le monde, car elle croyait que, riches ou pauvres, les enfants deviennent de meilleurs hommes s’ils savent employer toutes leurs facultés.

Elle ne pouvait leur donner de meilleur exemple que ce mélange d’une vie laborieuse et artiste que leur offrait Ralph. Le jeune homme venait souvent les voir, et, dans les moments difficiles, il était véritablement pour eux un ami des jours de pluie, un ami des mauvais jours. Jack se prit d’une véritable passion pour lui pendant sa captivité. Malgré ses nombreuses occupations, le bon Ralph trouvait moyen de passer chez lui tous les soirs ; il lui faisait ses commissions, il l’amusait par ses récits pleins d’humour et il inventait toutes sortes de mécanisme ingénieux pour soulager l’impatient malade. Frank lui-même, le studieux Frank, apprenait quelque chose dans sa société, car ils employaient utilement bien des moments à parler de ces mystères scientifiques qui intéressaient tant Frank, et à discuter de cylindres, de pistons, de soupapes et d’autres choses semblables. Il n’était pas jusqu’à Jane qui n’eût des obligations à Ralph. Grâce à lui et au coussin à air qu’il lui avait apporté, son pauvre petit dos malade éprouvait quelque