Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/89

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LES SURPRISES.

logne qu’il en était ruisselant, sortait de sa poche de côté et lui donnait l’air habillé, malgré le grand châle gris qui lui enveloppait les jambes. Ses cheveux blonds étaient ramenés sur son front pour cacher la cicatrice de sa blessure ; ses joues avaient pâli, mais ses yeux étaient aussi bleus que sa cravate, et son sourire tout aussi radieux qu’autrefois.

« Ah ! que je suis heureux de vous revoir ! s’écria-t-il. J’imagine, Jane, qu’à présent nous avons passé le plus mauvais moment et que nous allons avoir du bon temps. Comme ce sera amusant d’être ici tous les deux !

— La journée sera si vite passée, soupira Jane. Ma chambre va me sembler encore plus triste demain.

— Mais vous n’y retournerez pas, vous resterez ici jusqu’à ce que vous soyez guérie. Maman ne vous l’a donc pas dit ?

— Est-ce possible ? Oh ! quel bonheur ! Mais non… On ne m’en a même pas parlé. Où coucherai-je ? »

Et se reprenant :

« Mais que deviendra maman sans moi ? Et moi que deviendrai-je sans elle ?

— Rassurez-vous ; ce que maman fait n’est jamais fait à moitié, lui dit Jack ? votre mère restera avec vous. Vous coucherez toutes les deux dans la chambre à côté. Maman m’avait bien dit qu’elle me laisserait le plaisir de vous annoncer moi-même cette bonne nouvelle, mais je craignais qu’elle n’eût pas eu le courage de tenir sa promesse. J’avais bien tort. Je la remercierai de m’avoir gardé cette joie. Allons-nous nous amuser assez, Jane !… »

Avant que Jane fut revenue de sa stupéfaction, Frank