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iv
DISCOURS

On a pensé depuis long-tems, & même avec succès, à remplir dans les Mathématiques, une partie du plan que nous venons de tracer : on a appliqué heureusement, l’Algébre à la Géométrie, la Géométrie à la Méchanique, & chacune de ces trois Sciences à toutes les autres, dont elles sont la base & le fondement. Mais on n’a pas été si attentif, ni à réduire les principes de ces Sciences au plus petit nombre, ni à leur donner toute la clarté qu’on pouvoit désirer. La Méchanique surtout, est celle qu’il paroît qu’on a négligée le plus à cet égard : aussi la plûpart de ses principes, ou obscurs par eux-mêmes, ou énoncés & démontrés d’une maniere obscure, ont-ils donné lieu à plusieurs questions épineuses. En général, on a été plus occupé jusqu’à présent à augmenter l’édifice qu’à en éclairer l’entrée ; & on a pensé principalement à l’élever, sans donner à ses fondements toute la solidité convenable.

Je me suis proposé dans cet Ouvrage de satisfaire à ce double objet, de reculer les limites de la Méchanique, & d’en applanir l’abord ; & mon but principal a été de remplir en quelque sorte un de ces objets par l’autre, c’est-à-dire, non-seulement de déduire les principes de la Méchanique des notions les plus claires, mais de les ap-