Page:Alembert - Traité de dynamique (1758).djvu/17

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PRÉLIMINAIRE.

pliquer aussi à de nouveaux usages ; de faire voir tout à la fois, & l’inutilité de plusieurs principes qu’on avoit employés jusqu’ici dans la Méchanique, & l’avantage qu’on peut tirer de la combinaison des autres pour le progrès de cette Science ; en un mot, d’étendre les principes en les réduisant. Telles ont été mes vûes dans le Traité que je mets au jour. Pour faire connoître au Lecteur les moyens par lesquels j’ai tâché de les remplir, il ne sera peut-être pas inutile d’entrer ici dans un examen raisonné de la Science que j’ai entrepris de traiter.

Le Mouvement & ses propriétés générales, sont le premier & le principal objet de la Méchanique ; cette Science suppose l’existence du Mouvement, & nous la supposerons aussi comme avouée & reconnue de tous les Physiciens. A l’égard de la nature du Mouvement, les Philosophes sont au contraire fort partagés là-dessus. Rien n’est plus naturel, je l’avoue, que de concevoir le Mouvement comme l’application successive du mobile aux différentes parties de l’espace indéfini, que nous imaginons comme le lieu des corps : mais cette idée suppose un espace dont les parties soient pénétrables & immobiles ; or personne n’ignore que les Cartésiens (Secte