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xix
PRÉLIMINAIRE.

cles. Plus l’obstacle qu’un Corps peut vaincre, ou auquel il peut résister, est considérable, plus on peut dire que sa force est grande, pourvû que sans vouloir représenter par ce mot un prétendu être qui réside dans le Corps, on ne s’en serve que comme d’une maniere abrégée d’exprimer un fait, à peu près comme on dit qu’un Corps a deux fois autant de vitesse qu’un autre, au lieu de dire qu’il parcourt en tems égal deux fois autant d’espace, sans prétendre pour cela que ce mot de vitesse représente un être inhérent au corps.

Ceci bien entendu, il est clair qu’on peut opposer au Mouvement d’un Corps trois sortes d’obstacles ; ou des obstacles invincibles qui anéantissent tout-à-fait son Mouvement, quel qu’il puisse être ; ou des obstacles qui n’ayent précisément que la résistance nécessaire pour anéantir le Mouvement du Corps, & qui l’anéantissent dans un instant, c’est le cas de l’équilibre ; ou enfin des obstacles qui anéantissent le Mouvement peu à peu, c’est le cas du Mouvement retardé. Comme les obstacles insurmontables anéantissent également toutes sortes de Mouvement, ils ne peuvent servir à faire connoître la force : ce n’est donc que dans l’équilibre, ou