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DONATELLO

conforme aux lois de la locomotion animale (?)… Gattamelata a l’attitude à la fois aisée et imposante : il est solidement campé sur son cheval, mais sans raideur aucune… Le cavalier est de beaucoup supérieur à la monture, dont la tête, le cou et le poitrail sont hors de toute proportion avec la croupe et les membres de derrière. »

On nous permettra de n’accepter de cette critique que la partie élogieuse. Les beautés, ou simplement les vérités qui ont été admises par le savant colonel sont acquises. Mais les proportions incriminées sont trop évidemment voulues et contribuent avec une trop visible puissance à l’impression de force, pour que là où un spécialiste voit une tare, nous ne concluions pas à une beauté de plus. Donatello était-il capable d’une étourderie, d’une erreur de jugement, dans une œuvre qui accapara toute son attention pendant des années entières ? Il suffit de poser la question. Qui ne voit, de plus, que ce n’est pas un cheval déterminé dont Donatello a fait le portrait (il y eût excellé), mais le cheval, dont il a voulu et réussi la massive et durable synthèse ? Où un spécialiste s’extasierait devant l’exactitude (à l’occasion d’un dessin de Meissonier, par exemple), nous commencerions à nous défier au point de vue de l’art.

Les Padouans furent si ravis de cette grande œuvre, dont était glorifiée leur patrie, qu’ils employèrent tous les moyens, les meilleurs s’entend, pour retenir Donatello parmi eux, à le fixer chez eux, à faire de lui un citoyen