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DONATELLO.

ne sait quels problèmes, enfin compris, au delà de notre monde périssable.

D’un tout autre effet sont deux œuvres qui cependant se rattachent assez étroitement au même cycle de pensée, au même groupe plastique. L’une est un très beau groupe, placé dans le campanile, du Sacrifice d’Abraham. Mais nous n’insisterons pas longuement sur cette composition, puisqu’elle est moins exclusivement de Donatello, faite qu’elle est en collaboration avec Nanni di Banco. La conception en est bien marquée du sceau de cette sorte de candide âpreté florentine qui apporte une si belle tranquillité dans les drames les plus violents. Abraham, patriarche barbu, s’apprête à égorger avec une louable majesté le jeune Isaac, beau comme un Adonis, légèrement moutonnier, et qui se laisse faire plus docilement que n’eût fait à sa place le Saint Georges dont il est l’antitype. L’œuvre est d’un arrangement original et d’une bonne venue ; cela suffit.

La seconde œuvre dont il nous reste à parler est l’imposant Saint Jean l’évangéliste, qui est placé dans la cathédrale. Cette magnifique statue est d’un traitement beaucoup plus simplifié, plus synthétisé que les autres. L’apôtre est assis, une de ses mains repose sur son genou, l’autre est appuyée, retombante, sur le livre. Le visage a pour dominante un austère calme, et le travail impétueux de la pensée ne s’y révèle que par une puissante mais non tragique contraction des sourcils. Il ne serait pas, cette fois-ci, paradoxal de soutenir que cette grandiose figure