Page:Alexis - Le Collage.djvu/101

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
98
LE COLLAGE

— Si quelqu’un est étonné, Chamonin… Je vous retrouve sous cet uniforme !

— Chut ! fit bien vite Chamonin, en regardant avec inquiétude du côté de son collègue, l’homme aux larges oreilles rouges…

— Attendez ! mon service finit… Nous irons prendre quelque chose.

Un quart d’heure après, attablés rue Saint-Marc, dans un cabinet de marchand de vin, Chamonin et Clouard causaient. Celui-ci n’en revenait pas, de voir ainsi, en sergent de ville, ce Chamonin, de Montmartre comme lui, porteur de trois ou quatre galons pendant la Commune, cet exalté d’autrefois, ce socialiste éprouvé, de l’Internationale, qui avait passé pour un pur. Dans la rue, tantôt, à côté de lui, il s’était senti honteux. Maintenant, dans ce cabinet ou personne ne les voyait, c’était encore de l’écœurement. Il s’en voulait même d’être venu, d’avoir cédé à un premier mouvement de curiosité bête. Ce gaillard qui avait fait pis que pendre, ce foudre de guerre, qui avait passé pour mort en défendant une barricade, puis qu’il retrouvait de la police, n’était pas un homme à fréquenter.

Mais les scrupules de Jacques, bientôt, se dissipèrent. Chamonin lui donnait des nouvelles de madame Clouard. Elle n’était pas morte ! Au contraire, elle avait l’air de ne pas être malheureuse, de très bien se porter. Lui, Chamonin, qui, avant