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LE COLLAGE


IX


Jeudi, 4 septembre.

Flore sort d’ici. Tous les jeudis régulièrement, vers une heure, Flore continue de nous apporter le linge. Décidément, cette gamine aux candides yeux battus, cette fleur pauvre de trottoir parisien, exhale un parfum de vice précoce.

Célina étant toujours présente, je ne parle pas à Flore, mais je la regarde à la dérobée. Je cherche à me trouver sur son passage, comme par hasard. Puis, c’est moi qui lui paye les notes de blanchissage, et je m’amuse à lui glisser quelques sous d’étrenne secrète. La gredine comprend.

Pas un muscle de son visage pâlot ne bouge. Elle referme tout de suite la main.


X


5 septembre.

Rue de Rivoli, aujourd’hui, pendant une averse, j’ai rencontré Germondy, réfugié comme moi sous les arcades.

Mon premier mouvement est de l’éviter. Lui, m’a reconnu, fend la foule et vient a moi.

— Vous n’êtes donc pas mort !… On ne vous a plus vu, depuis des mois, malheureux ! La rue des Moines vous fait peur ?…