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LE RETOUR DE JACQUES CLOUARD

raient paisiblement dans leur domicile. Lui, venait bien de retrouver sa patrie et sa ville natale : où était son chez lui ? Dans quel lit d’hôtel garni dormirait-il, s’il ne découvrait les siens cette nuit ? Déjà deux heures du matin. Ayant gravi la pente raide de la rue Rochechouart, il se trouvait à l’intersection de l’avenue Trudaine et d’un square qu’il ne connaissait pas. Il lut sur une plaque neuve : « Place d’Anvers. » Dans la large trouée, tout en face, de l’autre côté du boulevard extérieur, il aperçut un quartier en amphithéâtre, des rues en échelle, se haussant les unes sur les autres : Montmartre ! Quelques pas, et il y serait ! Mais, avant de traverser la place, il enfila d’un regard toute l’avenue Trudaine.

Couverte, dans sa longueur, d’arcs de verdure, de lampions allumés, autant de portiques de flammes dont les derniers semblaient se toucher, se confondre en une seule voûte embrasée, l’avenue présentait un aspect féerique. Au milieu, exhaussés sur une large estrade couverte, les musiciens d’un nombreux orchestre jouaient un quadrille. Qui sait ? sa femme et sa fille pouvaient être au milieu de cette foule qui dansait, partout, sur la chaussée du milieu, sur les trottoirs le long des maisons ? Jacques s’avança.

Quel entrain ! Quelle joie ! Certains couples dansaient le parapluie à la main ; les autres se