Page:Alexis de Tocqueville - L'Ancien Régime et la Révolution, Lévy, 1866.djvu/320

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riers de la paroisse qui n’y sont pas domiciliés, bien qu’il ne soit pas douteux que ceux-ci ont droit d’en faire partie. D’autres assemblées ont même refusé d’admettre les fermiers qui n’avaient pas de propriétés sur leur territoire. »

Ainsi donc, tout était déjà nouveauté, obscurité, conflit dans les lois secondaires, avant même qu’on eût encore touché aux lois principales qui réglaient le gouvernement de l’État. Ce qui en restait debout était ébranlé, et il n’existait, pour ainsi dire, plus un seul règlement dont le pouvoir central lui-même n’eût annoncé l’abolition ou la modification prochaine.

Cette rénovation soudaine et immense de toutes les règles et de toutes les habitudes administratives qui précéda chez nous la révolution politique, et dont on parle aujourd’hui à peine, était déjà pourtant l’une des plus grandes perturbations qui se fussent jamais rencontrées dans l’histoire d’un grand peuple. Cette première révolution exerça une influence prodigieuse sur la seconde, et fit de celle-ci un événement différent de tous ceux de la même espèce qui avaient eu lieu jusque-là dans le monde, ou de ceux qui y ont eu lieu depuis.

La première révolution d’Angleterre qui bouleversa toute la constitution politique de ce pays et y abolit jusqu’à la royauté, ne toucha que fort superficiellement aux lois secondaires et ne changea presque rien aux coutumes et aux usages. La justice et l’administration gardèrent leurs formes et suivirent les mêmes errements que par