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CYBÈLE

bien plus avant que ne les avaient laissées les Newton et les Lagrange. Les astronomes calculaient les mouvements les plus complexes des innombrables soleils compris dans les nébuleuses résolubles. Les Faye de cette époque avaient su reconstituer tout le passé astral des comètes, de même qu’ils avaient fixé les lois des tourbillons incommensurables qui agitent jusqu’aux dernières profondeurs de l’éther infini. Leur science avait épuisé toutes les observations possibles. Ils connaissaient par le menu bien d’autres mondes planétaires que le cortège dont Cybèle faisait partie et ils possédaient des tables exactes, non seulement de la trajectoire d’ensemble de leur propre système emporté tout entier vers de nouveaux cieux, mais encore de la marche propre de chaque étoile du firmament avec le registre séculaire de la naissance ou de l’extinction de plusieurs d’entre elles. Enfin l’univers fouillé à de nouvelles profondeurs par l’analyse des ondes électriques universelles et par la puissance des nouveaux instruments d’optique, leur montrait, bien au-delà de notre nébuleuse étoilée, de lointaines figures lumineuses, d’étranges et mystérieux contours qui faisaient soupçonner quelque chose comme un incommensurable organisme, un être, un corps inimaginable dont les molécules seraient ces innombrables amas globuleux que nous appelons des astres.